
samedi 21 mars 2009
vendredi 13 février 2009
poids mort
une courte nouvelle écrite pour les ateliers d'écriture de Télérama, une sorte de déclencheur à ma paresse tutélaire, maintes fois remaniée pour qu'elle rentre dans les critères. Un petit hommage aussi aux Poilus de 14, simples gens crucifiés au nom de la patrie.
POIDS MORT
C’est l’aube. Le rai de soleil qui transperce la lucarne éclaire ma triste condition. Mon décor ? Une grange oubliée où je côtoie entre autres, quelques congénères usés, les restes disloqués d’une vieille bicyclette, un pauvre matelas, une sorte de bric-à-brac voué à la solitude et à la poussière.
Je n’ai pas toujours voisiné ce tas de ressorts et de boulons graisseux, j’ai connu la joie de recevoir quotidiennement des séants et du beau monde, croyez-moi ! Des nobles, qui ne m’accordaient la grâce que du bout de leur anatomie charnue, une façon de montrer que l’on ne s’attarderait pas. Quelques avachis aussi se jetaient sur moi comme après une course éperdue et étalaient leur viande sur mes précieuses lattes. Des impétueux ne pensaient qu’à user leur culotte sur une autre, tant d’impatients faisaient trembler mes jointures, des gras aussi, des souples, parfois des indélicats.
La voix, il y a quelques instants, je l’ai bien entendue. J’ignore d’où elle venait mais à peine la porte entrouverte, une silhouette a hurlé :
Je n’ai pas toujours voisiné ce tas de ressorts et de boulons graisseux, j’ai connu la joie de recevoir quotidiennement des séants et du beau monde, croyez-moi ! Des nobles, qui ne m’accordaient la grâce que du bout de leur anatomie charnue, une façon de montrer que l’on ne s’attarderait pas. Quelques avachis aussi se jetaient sur moi comme après une course éperdue et étalaient leur viande sur mes précieuses lattes. Des impétueux ne pensaient qu’à user leur culotte sur une autre, tant d’impatients faisaient trembler mes jointures, des gras aussi, des souples, parfois des indélicats.
La voix, il y a quelques instants, je l’ai bien entendue. J’ignore d’où elle venait mais à peine la porte entrouverte, une silhouette a hurlé :
- Les gars , enlevez tout !
J’ai compris. Des mains sans scrupules ont arraché mes amis à leur douce torpeur, soulevant ça et là grincements de désapprobation, sursauts de rouages, poids morts jetant dans leur transport leur dernière résistance. 2 heures, cette abomination a pris près de 2 heures, jusqu’à ce qu’on me découvre et me jette sans ménagement au milieu de la cour brûlante, au cœur de l’inconnu.
- Laissez cette chaise, c’est celle de Papy Baïonnette !
Papy Baïonnette ? Je l’avais oublié celui-là ! Sec comme un sarment de vigne, le regard égaré dans quelque secrète bataille. Il passait des jours entiers sur mon dos à ânonner son sombre destin, à raconter comment une lame de trente centimètres lui avait un jour déchiré les entrailles. On l’avait oublié agonisant dans un trou d’obus. Lorsqu’une pluie glacée avait comblé peu à peu l’excavation, il avait paniqué. Invariablement, à ce point de l’histoire, il s’accrochait peureusement à mes montants et se répandait en effluves douteuses.
Le pauvre ! Combien de fois ai-je rêvé de le faire basculer là, face contre le sol, les mots suspendus à une ultime inspiration. Dieu merci, je me suis abstenue. Cher Papy !
Le pauvre ! Combien de fois ai-je rêvé de le faire basculer là, face contre le sol, les mots suspendus à une ultime inspiration. Dieu merci, je me suis abstenue. Cher Papy !
Le soleil disparaît lentement derrière la haute bâtisse. Ce soir, je fais le dos rond à la caresse de l’éponge, grâce à ce petit être, fragile comme du cristal de Bohème.
mardi 3 février 2009
pub en blog
Un petit blog sympa qui propose de revisiter les pubs anciennes. On se croirait revenu au bord de la Nationale 7 :
jeudi 15 janvier 2009
vendredi 2 janvier 2009
a little black book with my poems in


issu de la revue "Poésie" n°46 (juillet-Août 1976)
3 poèmes d'un jeune Tchèque en 1964. C'est son seul recueil, publié à une époque où il lutte contre la dictature communiste. Plus connu comme dramaturge, il ne se doute pas qu'il deviendra président de son pays devenu démocratique. Ce jeune homme s'appelle Vaclav Havel.
dimanche 14 décembre 2008
martien
à l'ami Vincent, dont la piste indienne est désormais pavée d'étoiles ...


Nous irons nous asseoir à la terrasse du "Bar des Naufragés"
Et nous regarderons les baleines passer.
mercredi 10 décembre 2008
le givre s'installe
Début décembre et l'hiver, peu à peu, gagne en vigueur. Il joue avec les éléments et les emprisonne de givre. Ballade.





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